Appel à contributions : Littérature & animalité
JOHNS HOPKINS UNIVERSITY GRADUATE STUDENTS IN FRENCH AND THE CENTRE LOUIS MARIN
ANNOUNCE
THE FRENCH SECTION’S SECOND ANNUAL GRADUATE CONFERENCE
Littérature & animalité
15 et 16 avril 2010
APPEL À CONTRIBUTIONS
On a beaucoup écrit sur l’animalité : c’est une question que l’on retrouve sous diverses formes dans toutes les périodes et toutes les cultures. La concurrence de
l’humanité avec l’animalité demeure une interrogation vivante. Dans la période récente, de nombreux travaux ont été engagés sur cette question, par exemple, d’un point de vue philosophique par
Jacques Derrida, L’Animal que donc je suis ; dans une perspective historique par Michel Pastoureau et sa passionnante histoire de l’ours ; et d’un point de vue
épistémologique par Lorraine Daston. De plus, des groupes de recherche se constituent et des colloques sont organisés en différents lieux autour de cette problématique, comme par exemple dans
le cadre du programme de recherche de l’université Paris 3 et du CNRS intitulé Animalittérature : http://www.ecritures-modernite.eu/?page_id=248, portant sur la littérature des XXe et XXIe siècles.
Il apparaît donc intéressant d’interroger le rôle de la littérature, à travers l’histoire longue, dans la définition et les usages de
l’animal. L’abondance des références littéraires donne à penser que l’animalité est en propre l’affaire des écrivains. À partir de l’Antiquité classique, les animaux constituent en effet une
partie intégrale de la littérature. Ils sont utilisés dans la caricature sociale en tant que métaphores ou procédés rhétoriques. Ils font dialoguer le soi et l’autre, les genres littéraires
entre eux et mettent en évidence la monstruosité, la métamorphose ou l’hybridité.
L’animal se conçoit également comme un thème qui permet de saisir comment la poésie et la fiction littéraire ont participé au développement de l’histoire des sciences. Les littératures hellénique et romaine ont intégré de nombreuses représentations relatives à la problématique des bêtes et de leur âme sous l’influence de l’Histoire des animaux d’Aristote. Ces œuvres nous offrent une base de réflexion non négligeable pour l’élaboration d’une théorie de l’Homme.
Dans l’attention que ce colloque souhaite apporter à la question de l’animalité dans la littérature de langue française (XIIe-XXIe siècles), il conviendra de considérer que cette question existe potentiellement en un nombre infini d’exemples et s’est de fait incarnée de mille façons, au fil des siècles, comme une source féconde de discours et de représentations. Il s’agira aussi de comprendre comment le royaume animal tient lieu de taxinomie aux différentes couches de la société humaine. Qu’il s’agisse d’un bestiaire, d’une fable, d’un conte merveilleux ou d’un traité satirique, il s’agira de comprendre pourquoi l’animal convient si bien à la caricature de l’homme, et le royaume animal à l’allégorie sociale, politique ou théologique. D’une manière plus générale, nous voudrions interroger la compétence que la littérature peut avoir, par la création de personnages hybrides ou monstrueux, par l’exposition d’interférences entre les mondes et les langages humains et animaux, par l’approche des relations établies entre ceux-ci, pour construire une définition partagée du vivant.
Lors de ce colloque de doctorants, il s’agira notamment pour les participants de s’intéresser aux divers genres associés à l’animal, cela dans la perspective d’une réflexion plus vaste portant sur les problèmes de la rationalité, de la sociabilité, du langage, de l’épistémologie et des rapports entre l’animalité et l’humanité.
Les propositions de communication (400 mots max.) sont à adresser avant le 1er février 2010 à : jhufranimalconf@gmail.com
Johns Hopkins University